L'ecotourisme n'est pas un label qu'on achete ni un argument marketing. C'est une facon de voyager qui accepte l'idee que notre presence, meme bienveillante, a un cout pour les territoires que nous traversons. Dans l'Arctique, ce cout est particulierement eleve : les ecosystemes sont fragiles, les cultures autochtones sont minoritaires dans leur propre pays, le rechauffement climatique accelere chaque annee la fonte du pergelisol. La vraie question n'est pas faut-il encore voyager dans le Nord mais comment le faire sans aggraver ce qui est deja en train de s'effondrer.
Ce theme reunit les guides et recits qui repondent a cette question : notre dossier pilier sur le voyage responsable dans l'Arctique, les portraits d'eleveurs de rennes Samis et Nenets qui continuent a faire vivre une economie pastorale apres trois mille ans de continuite, le carnet sur les nomades mongols qui accueillent encore dans leurs yourtes des voyageurs prets a partager quelques jours de leur quotidien. Nous refusons les tours industriels de Rovaniemi ou les croisieres polaires de masse. Nous valorisons les petits operateurs locaux, les sejours longs plutot que courts, les saisons intermediaires plutot que les pics, et une forme de lenteur qui est a la fois plus ethique et plus enrichissante.
L'ecotourisme, pour Time Tours, commence aussi par une serie de renoncements concrets : pas de motoneige quand le traineau existe, pas de safari en groupe de quarante personnes quand on peut etre trois, pas de survol en helicoptere pour une photo, pas d'achat d'artisanat Sami produit en Chine. Chaque guide du magazine pose ces questions sans moralisme mais sans complaisance. Le lecteur decide ensuite lui-meme des compromis qu'il accepte.
Une ligne editoriale assumee
Nous ne pretendons pas que le voyage soit neutre en carbone ni que la compensation efface l'empreinte. Nous pensons simplement qu'un voyage mal fait nuit a la fois au territoire et au voyageur, et qu'un voyage bien prepare peut devenir un acte de comprehension plutot qu'un acte de consommation. L'ecotourisme est donc moins une certification qu'une discipline : ralentir, lire, choisir avec soin, refuser ce qui sonne faux.
